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WORLD BRAIN
 

Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, 2015.


Installation video, film, 75', color.
worldbrain.arte.tv

Folklore

World Brain propose une excursion à travers différentes formes de folklore : data centers, magnétisme animal, l’internet comme un mythe, la vie intérieure des rats, comment réunir un réseau de chercheurs dans la forêt, comment survivre avec Wikipédia, comment connecter les chatons et les pierres…
Le monde où nous vivons évoque une Fiction de Borgès. D’ailleurs, si quelqu’un voulait écrire une suite à Fictions, il n’aurait qu’à mettre bout à bout des coupures de presse.
World Brain est constituée en grande partie de matériaux trouvés : vidéos téléchargées sur Youtube, images, compte rendus scientifiques ou pseudo scientifiques, fils de nouvelles…

L’utopie de la connexion universelle entraîne l’humanité dans un projet pharaonique : la construction d’un espace mondial spécifiquement conçu pour le confort des données: centaines de milliers de data centers, interconnectés par des câbles sous-marins ou souterrains. World Brain de Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon (sortie prévue en janvier 2015 sur arte.tv) entraîne le spectateur dans cette machine prométhéenne dans laquelle beaucoup croient voir émerger un cerveau mondial dont nous ne serions que les neurones. Le film suit également un réseau de chercheurs nomades, qui fuient leurs laboratoires pour mener des expériences de connexions alternatives dans différentes forêts du monde.

À la manière du Whole Earth Catalog de Stewart Brand, il rend ces ressources accessibles en ligne. À la fois carte interactive, film et livre, l’interface de World Brain donne accès à une série de films courts, à des textes, à différents médias et à des liens vers d’autres sites. La forme de la carte permet d’organiser des contenus précis, complets et hiérarchisés, regroupés autour de trois approches:

L’architecture du réseau mondial

World Brain propose une plongée connectée à l’intérieur des lieux physiques par lesquels transite le réseau internet: câbles sous-marins, data centers, satellites. Le spectateur voit le monde comme s’il était une information, traversant la planète de manière quasi instantanée, recopiée à l’infini, ou au contraire stockée dans des lieux maintenus secrets. Le film suit les ramifications du réseau mondial, en montrant l’infrastructure matérielle des réseaux des data centers et des câbles sous marins.

Utopies du cerveau mondial

À cette exploration se superpose une enquête sur les utopies et les idéologies liées à l’émergence d’une intelligence collective et à l’hypothèse d’un cerveau mondial qui connecte tous les individus de manière irrémédiable: l’utopie réalisée de l’universalisme sans échappatoire, l’individu emprisonné dans le global

D’autres futurs pour l’humanitéconnectée

Le film montre les pérégrinations d’un réseau de chercheurs nomades, qui se réunissent loin des réseaux, dans les forêts de la planète. Ces chercheurs ont pour objectif de lutter contre l’obsolescence programmée de l’homme, entretenue par le World Brain. Ils veulent transformer le monde et imaginent différents scénarios prototypes réalisables pour des modes de vie expérimentaux, à partir de la connexion généralisée des individus entre eux.

L’humanité connectée

World Brain dresse une brève histoire du fantasme de l’échange d’informations entre cerveaux. L’idée émerge bien avant Internet: galvanisme, magnétisme animal, fluide, mesmérisme, éther, cinquième élément, spiritualisme, télégraphe spirite… Puis elle devient réelle dans le sémaphore de Chappe, le télégraphe de Morse, le téléphone, la cybernétique, et la lente création d’Internet.

L’idée de cerveau mondial est passée de la spéculation intellectuelle à la réalité quotidienne. L’utopie a basculé brusquement du fantasme au réel. Les êtres humains, tous reliés entre eux par l’intérieur, forment un superorganisme. L’humanité a commencé la fabrication d’un cerveau mondial, qu’elle construit laborieusement, synapse par synapse. Plusieurs auteurs ont imaginé une conscience collective, qui émergerait de la connexion universelle des pensées, notamment Ernest Renan (L’Avenir de la science, 1848), Joseph Dejacque (L’Humanisphère, 1899), Pierre Teilhard de Chardin (Le Phénomène humain, 1955), ou encore Howard Bloom (Global Brain, 2001). Cette théorie imagine l’espèce humaine unifiée. Elle conduit souvent à une vision mystique ou prophétique, parfois reliée à l’idée de biosphère et à l’hypothèse Gaia.

World Brain Project / Whole Earth Catalogue

Édité de 1968 à 1972, le Whole Earth Catalog regroupait des livres, des articles et des outils pour comprendre le monde. Le projet avait pour premier public les membres des communautés utopiques de l’époque. Il proposait un moyen de se repérer dans les systèmes et des solutions pour des modes de vie alternatifs. Il détournait la structure du catalogue de vente par correspondance pour promettre à ses lecteurs “l’accès aux outils et aux idées” (“access to tools and ideas”).

Une production de Irrévérence Films.

Réalisateurs: Stéphane Degoutin and Gwenola Wagon
Scenario: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Montage: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Directrice de la photographie: Marianne Tardieu
Ingénieur son : Sébastien Cabour, Damien Tronchot
Mixage : Christian Cartier
Maquette : Martin Gautron
Set design: Olivier Peyricot and Julien Imbert
Costume design: Stéphane Degoutin and Maria Delamare
Graphic design: Joffrey Dieumegard and Rebecca Hargreaves
Web design: Olivier Riquet and Guillaume Libersat
Voice-over: Stéphane Piveteau
Main actors: Philippe Durand, Catherine Hargreaves, Selma
Fortin and Julien Imbert

Co-Production et diffusion : 
Arte Créative
, Picatovo, avec le soutien du CNC et du Fresnoy.

 



 

Video installation and film, 75', color.
worldbrain.arte.tv

Folklore

World Brain proposes a stroll through motley folkloric tales : data centers, animal magnetism, the Internet as a myth, the inner lives of rats, how to gather a network of researchers in the forest, how to survive in the wild using Wikipedia, how to connect cats and stones…
The world we live in often resembles a Borgesian story. Indeed, if one wanted to write a sequel to Borges’ Fictions, he could do it simply by putting together press articles.
The World Brain is made out mostly of found materials : videos downloaded on Youtube, images, scientific or pseudo scientific reports, news feeds…

The project describes the planetary network surrounding us and offers theoretical tools to interpret it. It considers the perverse effects of the universal connection, and the risk for the individuals to become numb, under the reign of collective intelligence. Its goal is to build an alternative project for the survival of mankind.








Like Stewart Brand's Whole Earth Catalog, it makes these resources accesible, on an online interface. It is at the same time an interactive map, a film and an installation. It gives access to a series of short films, texts, different medias and links to other websites. The project mixes three angles:



Architecture of The Global Brain


World Brain takes the viewer through a journey inside the physical places by which the Internet transits: submarine cables, data centers, satellites. The film adopts the point of view of the data. The audience view the world as if they were information, crossing the planet in an instant, copied in an infinite number of instances or, at the contrary, stored in secret places.

Utopian visions of the world brain

Parallel to this exploration is an enquiry on the utopias and the
ideologies linked to the emergence of a collective mind and the hypothesis of a global brain. The film presents the voices of historians, inventors, science fiction writers, neuroscientists…
Engineers explain how the technological devices opperate,
while philosophers speculate on the meaning and the interpretation of these devices.


Other futures for the connected mankind

The film shows the peregrinations of a network of nomadic researchers who meet away from the traditional research networks, in the forests of the world. They aim to struggle against the planned obsolescence of mankind. They want to change the world and imagine different prototype scenarios for exeprimental ways of living, taking into account the interconnection of
human beings.


Connected mankind

The World Brain offers a short story of the idea of the communication between brains. The idea emerges long before the Internet: galvanism, animal magnetism, mesmerism, universal fluid, ether, fifth element, spirit telegraph… It starts to become real with Chappe's semaphor, Morse's telegraph, the telephone, cybernetics and the invention of the Internet.

The idea of a global brain used to be an intellectual speculation. It has suddenly become an everyday reality. All human beings, interconnected from the inside, form a superorganism. Mankind builds a global brain, synapse after synapse. Many writers have imagined a collective consciousness that would emerge from
the universal connection of minds. They usually see the human race being unified, in a holistic and often mystical perspective,
sometimes linked to the concept of biosphere or to the Gaia hypothesis. The utopia becomes real. The limits of the individuals begin to blur. Data travel through the whole planet. They run
through a network of fiber optic cables, whether subterranean or submarine. They are stored in a network of data centers.




World Brain Project / Whole Earth Catalog

From 1968 to 1972, the Whole Earth Catalog gathered books, objects and tools aimed at understanding the world and creating alternative societies. Its primary public were the hippie communes. It used the codes of a mail order catalog to provide its readers with a direct «access to tools and ideas».
The World Brain Hypothesis it also aims at becoming a resource base for alternative ways of living in the context of the universally networked society.


Production : Irrévérence Films.

Directors: Stéphane Degoutin and Gwenola Wagon
Scenario: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Editing: Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon
Director of photography: Marianne Tardieu
Sound recording : Sébastien Cabour, Damien Tronchot
Audio mixing : Christian Cartier
Models : Martin Gautron
Set design: Olivier Peyricot and Julien Imbert
Costume design: Stéphane Degoutin and Maria Delamare
Graphic design: Joffrey Dieumegard and Rebecca Hargreaves
Web design: Olivier Riquet and Guillaume Libersat
Voice-over: Stéphane Piveteau
Main actors: Philippe Durand, Catherine Hargreaves, Selma
Fortin and Julien Imbert

Co-Production and diffusion: 
Arte Créative, PicatovoCNC support and Fresnoy.