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HYPNORAMA BY BUS
Stéphane Degoutin, Gwenola Wagon, 2010
Alexis Chazard et Nathalie Matter.

>> HYPNORAMA BY BOAT
 

 
Hypnorama, performance en bus entre Montreuil et Saint-Ouen, pendant Parcours Est #3, le 30 octobre 2010 .
Production: La Maison populaire (Montreuil), Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen).

Le public est invité à prendre place dans le bus. Nathalie Matter conduit les spectateurs dans un état d’hypnose léger. L'ambiance sonore du bus composé par Alexis Chazard est conçue pour faciliter l’état d’hypnose: les sons assourdis placent les passagers dans un état d’attention optimale.
 
  Hypnorama took place during a Parcours Est bus trip between Montreuil and Saint-Ouen (northern Paris suburbs), on oct. 30rd, 2010.
Produced by La Maison populaire (Montreuil), Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen).
 
The passengers are invited to take place in the bus. Nathalie Matter takes them to a state of light trance. The sound atmosphere in the bus is modified by Alexis Chazard to facilitate hypnosis: muffled sounds put the passengers in a state of optimal attention.

 
Nous profitons du fait que nous sommes dans un bus de tourisme pour explorer la zone floue qui relie le tourisme au paranormal, et percevoir les états de conscience modifiés par le voyage organisé.

Confortable bulle se déplaçant furtivement, de lieu en lieu, le bus constitue l'acmé du dispositif touristique. La voiture hypnotise son conducteur dans la permanence du regard perspectif. Les vitrages de l’autocar, bien que panoramiques, détournent la frontalité. Le bus, est une machine à regarder, comme une camera obscura qui glisse à l’infini le long des routes du globe. Il construit une exacerbation du regard oblique sur les lieux traversés. Il fabrique une présence latérale et furtive, qui confirme le statut du touriste: ici, mais toujours à distance, s'arrêtant en des points choisis du territoire. Le bus permet de déplacer son étrangeté au plus proche des objets observés, sans quitter sa zone de confort. De déplacer sa zone de confort chez l’autre.
  
 
   

 

Voyage en bus paranormal
 
On accuse fréquemment le tourisme de l'impossibilité de discerner faux du vrai. Aller chercher dans les lieux réels une image déjà faite, simplifiée, que l'on portait déjà en soi avant de partir, que l'on emporte avec soi tout au long du voyage. Sur place, la folklorisation des cultures s'emboîte dans les préjugés, pour faire croire au voyageur à la réalité de son image préconçue. Lui faire croire qu'il n'est jamais parti. Bien que réel, le voyage se déroule tout entier dans sa zone de confort, dans une sorte de bulle protégée, dans un état hypnotique…

C’est ainsi que Jean-Michel Hoerner, professeur de géopolitique et de tourisme, analyse La Famille Fenouillard, célèbre bande dessinée créée en 1889. Avant de partir pour son fameux voyage, la famille rend visite à un hypnotiseur. A partir de cette scène, Hoerner imagine que c'est le voyage entier qui se déroule en état d'hypnose. Ce serait une manière de faire la critique du voyage touristique, et d'illustrer le dilemme du faux et du vrai.

Cet état second de la conscience dans lequel plonge le tourisme est souvent l'objet de critiques définitives. A notre sens, c'est précisément là ce qui le rend intéressant : ce qui le place sur le chemin du paranormal. Le tourisme constitue en soi un état mental, un état paranormal. Il permet la translation temporaire dans une autre dimension spatiale, sans quitter sa propre bulle, comme un voyage sous hypnose.

Le tourisme comme un état hypnotique. Prenons cette hypothèse au sens littéral. Mélangeons voyage et hypnose. Fabriquons un voyage sous hypnose. Si vous le désirez, nous vous proposons de vous abandonner avec Hypnorama.